CREATION D'UNE DEPRESSION HUMIDE

 

Contexte

Cet aménagement a lieu sur la même la parcelle dite "les prés de l'Abîme" c'est également celle présentée dans la partie "Réhabilitation d'une prairie".


Résultats attendus

Conjointement au rajeunissement de la pairie, il a été décidé de créer une source de diversité supplémentaire en créant des conditions plus humides. Le but est d'avoir une dépression humide de petite taille tantôt inondée, tantôt exondée permettant l'établissement d'une végétation plus hygrophile que sur la prairie. Deux niveaux différents devaient être crées au fond de la dépression afin de créer un maximum de diversité.


Aménagements réalisés

Le périmètre de la dépression a d'abord été défini. La dépression a été creusée au tractopelle. Avant d'entamer le creusement proprement dit, la couche de terre végétale à été enlevée et mise à part. Le creusement a ensuite été effectué et les deux différents niveaux ont été réalisés. Enfin, la terre végétale a été remise en place dans la dépression. Comme dans l'aménagement décrit précédemment, l'utilisation de la terre végétale permet de bénéficier de la banque de semences du sol. Ceci est illustré ci dessous :

Prairie initiale


Décapage de la terre végétale

La couche superficielle du sol est décapée et mise à l'écart


Creusement

Le creusement proprement dit s'effectue en créant deux niveaux différents


Remise en place de la terre végétale



Profil final

Observez les 2 niveaux créés, afin de diversifier les conditions d'humidité


Pendant le creusement un fossé a également été créé pour relier la dépression au fossé existant. Ce fossé est lui même relié à la rivière. La dépression est ainsi inondée dès que la rivière entre en crue. Voici la localisation de la dépression humide :


Carte 1 : localisation de la dépression

Pour une facilité de lecture la dépression a été figurée en bleu, comme si elle était en eau. La limite des eaux visible ici correspondrait à la dernière étape avant la submersion de la prairie.


Gestion réalisée

Les Cirses des champs (Cirsium arvense) et les Saules (Salix sp.) poussant sur les pentes de la dépression sont coupés périodiquement.


Résultats obtenus

La dépression est plus humide que prévu. En effet le terrain argileux, bien imperméable, fait que de l'eau reste fréquemment au fond de la dépression, même en été.

La végétalisation a été rapide et surtout bien en rapport avec les espèces attendues, c'est à dire plus typique des lieux humides. Voici l'état au premier été, du coté le plus profond de la dépression :


Premier été - 2002


Beaucoup d'espèces caractéristiques des lieux humides sont apparues. Il est difficile de dire dans quelle proportion ces plantes viennent des graines présentes dans le sol, ou de l'apport des crues hivernales.

Une des pousses les plus spectaculaire a été celle du Plantain d'eau commun (Alisma plantago aquatica). De très nombreux plants sont apparus au printemps dans le fond de la dépression. Malheureusement, ils ont été en grande partie mangés, sûrement par des Ragondins. Seuls quelques pieds on pu grandir.

On constate une forte diminution voir une disparition des espèces présentes à l'origine (voir tableau "décapage de la végétation: végétation initiale") à part le Liseron des haies (Calystegia sepium).


Voici des espèces observées dans la dépression ou le fossé :

Épilobe hirsute (Epilobium hirsutum) photo
Eupatoire chanvrine Eupatorium cannabinum photo
Galéopsis tétrahit
(Galeopsis tetrahit) photo
Iris d'eau (Iris speudacorus)
Jonc sp. (Juncus sp.
)
Liseron des haies
(Calystegia sepium)
Lycope d'Europe (
Lycopus euoropaeus)
photo
Massette à large feuilles
(Typha latifolia)
photo

Menthe aquatique
(Mentha aquatica)
photo

Plantain d'eau commun (Alisma plantago aquatica) photo
Reine des prés
(Filipendula ulmaria)
photo
Salicaire
(Lythrum salicaria) photo
Saules (Salix sp.)
Valériane officinale (Valeriana officinalis) photo

Cet enchevêtrement de végétation et la floraison importante qui s'y déroule profite à beaucoup d'insectes, comme la Cétoine dorée (Cetonia aurata).

En dehors des insectes, la zone est petite et trop fréquentée pour permettre l'installation de beaucoup d'espèces animales. Toutefois, une Marouette ponctuée (Porzana porzana) a été observée en mars 2003. Le site n'a servi dans ce cas que de halte migratoire, mais ceci prouve bien que reconstituer ce genre d'habitats présente un réel intérêt.