CREATION D'UNE ZONE HUMIDE

Etat antérieur

Cette parcelle est située au bord de la rivière Agréau, sur la rive opposée de celle décrite dans les parties : "Réhabilitation d'une prairie" et "Création d'une dépression humide".

Cette parcelle est en pente douce sur toute sa longueur et possède une source alimentant un ruisseau. Ce ruisseau suit la bordure Sud de la parcelle et se jette dans l'Agréau.

Concernant la végétation, on pouvait initialement différencier 4 zones (voir carte 1a):

 

Zone 1 : Pairie haute, les espèces suivantes étaient trouvées : Cirses des champs (Cirsium arvense), Fromental (Arrhenaterum eliatus), Laitue scariole (Lactuca serriola), Rumex petit oseille (Rumex acetosella).

Zone 2 : Des vases venant du curage de L'Étang de l'Abîme occupant la partie nord de la parcelle. Sur ces vases de nombreuses repousses de Saules se développaient.

Zone 3 : Une prairie humide, dans le prolongement de la source. Des espèces typiques des lieux humides étaient observées : Épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), Épilobe foncée (Epilobium obscurum), Cardamine des prés (Cardamine pratensis), Menthe aquatique (Mentha aquatica), Myosotis des marais (Myosotis scorpioides), Prêle (Equisetum sp.) et Scrofulaire aquatique (Scrofularia auriculata).

Zone 4 : Bosquets de Saules et Aulnes, avec Ronces en périphérie.


Carte 1a : parcelle avant aménagements



Carte 1b : parcelle avant aménagements, vue en coupe

Résultats attendus
 

Aménager une zone humide


Le bon débit de la source même en période estivale et le sol argileux imperméable rendait tout à fait possible la création d'une zone humide sur la parcelle.

La pente empêchait la réalisation de pièces d'eau de taille importante. Le projet s'est donc orienté sur la réalisation de 2 mares. Une prairie humide était souhaitée entre les deux mares. Ainsi, plutôt que de que créer une évacuation canalisée de la première mare vers la deuxième, une solution intéressante a été trouvée. Le profil de la première mare devait être réalisé de telle sorte que son débordement provoque un écoulement diffus, sur toute la largeur de la prairie, jusqu'à la deuxième mare.

Rendre la zone attractive au public

Pour répondre à cette problématique, le sentier devait réaliser un circuit facilement praticable autour des mares.

La source étant un lieu attractif, elle allait être un point de concentration de la fréquentation. il fallait adapter son environnement, ses berges ne permettaient pas une circulation facile.
Aménagements réalisés
 

Il est important de préciser que la zone 3 a été jugée assez intéressante pour être conservée en l'état. Les aménagements lourds, comme les terrassements, étaient exclus de cette zone.

Aménager une zone humide

Les mares ont d'abord été aménagées. Des pentes très douces ont été réalisées. Un chenal d'alimentation a ensuite été creusé de la source à la première mare. Un déversoir a été aménager pour pouvoir contrôler plus facilement la répartition de l'eau entre le ruisseau et le chenal d'alimentation.
Une fois les 2 mares remplies, l'emplacement du trop plein a été défini. Ce trop plein évite que l'eau ne recouvre la digue entre la deuxième mare et la rivière.

Rendre la zone attractive au public

Le débordement de la deuxième marre aurait créé une zone humide et impraticable pour les piétons. Il n' y aurait donc eu aucune possibilité de faire le tour de la parcelle. Le passage devait donc forcement se faire sur la digue entre cette mare et la rivière. Pour empêcher l'eau de couler sur la digue, un trop plein a été installé pour permettre le retour de l'eau excédentaire vers le ruisseau s'écoulant de la source.

Un petit ponton a été installé à côté de la source pour que son observation se fasse facilement et sans abîmer les berges.



Carte 2a : parcelle après aménagements



Carte 2b : parcelle après aménagements, vue en coupe
Gestion réalisée

Sur cette zone, le chemin est régulièrement tondu. Les autres parties de la prairie sont fauchées avec des périodicités différentes. Des saules sont apparus, ils sont taillé en buissons.

Suite à l'introduction de Gardons venant des activités de pêche de l'étang de l'Abîme, la mare 1 avait été partiellement asséchée pour pouvoir les récupérer. La biodiversité de la mare aurait considérablement diminué par la présence de ces poissons. Il est important d'avoir des mares sans poissons. Cette idée d'introduire des poissons dans la moindre petite pièce d'eau est très néfaste pour les insectes et batraciens qui manquent déjà d'habitats.

 

Résultats obtenus

L'extension des habitats humides n'a pas permit d'apparitions spectaculaires de nouvelles espèces. Cette parcelle possédait déjà un certain intérêt botanique contrairement à celle des "Prés de l'Abîme", décrite dans "Réhabilitation d'une prairie".

Toutefois certaines espèces comme le Bident trifoliolé (Bidens tripartita) et le Jonc des crapauds (Juncus bufonius) sont apparues depuis les aménagements. De plus les espèces présentes ce sont étendues, comme les carex (Carex sp.), la Salicaire (Lythrum salicaria) et la Scrofulaire aquatique (Scrofularia auriculata).

Les mares ont été colonisées par les grenouilles vertes (Rana kl. esculens).